Citoyen-témoin

Citoyen-témoin

Témoin avec un grand T ?? (08/05/13)

     Bonjour à tous,

 

     Le titre de ce blog, "citoyen-témoin", je ne l'ai pas choisi pour n'importe quelles raisons. Si la citation de la page d'accueil résume bien l'affaire, c'est parce que je suis convaincu qu'il faut se parler les uns aux autres. Les informations sont tellement tronquées et manipulées dans la société d'aujourd'hui que la multiplicité des témoins et des raconteurs, dans la plus grande simplicité humaine, ne sera que profitable à tous. L'évolution de l'Homme ne peut en faire l'économie.

 

     Être témoin, quelle affaire !! Je pense à toutes sortes de situations, toutes sortes de gens. Déjà, les témoins aux assises, qui engagent leur parole devant la justice et pour des faits parfois très graves. L'avez-vous déjà été? Ce doit être une sacré aventure, difficile... Je pense à tous ceux qui, un jour, ont assisté malgré eux à un accident de la route, de l'autre côté de la rue. Ou encore à ceux qui ont eu la joie de voir la gamelle du cousin Kevin, pour qui l'art du vélo sans les mains n'est pas encore au point. Chaque cas est unique et soulève des émotions différentes. Mais dans le cas de kevin, n'est-ce pas bien plus drôle que l'histoire soit racontée par un autre? Certainement que oui, puisque le raconteur aura certainement joie à enjoliver l'anecdote. Cette manière de transformer quelque peu la réalité, lorsqu'on la raconte, est déjà inhérente à la singularité des perceptions de chacun, à l'égard de tel ou tel évènement. Mais l'écart peut se creuser, et la fidélité du rapport aux faits fondre, lorsque l'Histoire est racontée à des fins "orientées". Je pense ici aux historiens, grands témoins de l'Histoire justement, et ce depuis des siècles. Leurs rôles politiques et sociaux ont toujours été très forts, en temps de guerre tout particulièrement. Ne dit-on pas d'ailleurs que ce sont les vainqueurs qui font l'Histoire? Et pour ne citer que Bernard Werber à ce sujet... "Du passé nous ne connaissons que la version des vainqueurs. Et dans tous les cas, les quelques talents prêtés aux vaincus ne sont là que pour glorifier le mérite de ceux qui ont su les anéantir". Je crois qu'auparavant, c'étaient les plus armés et ceux qui possédaient la connaissance qui faisaient l'Histoire. Aujourd'hui, cela a-t-il vraiment changé? Je ne pense pas, ce doit être simplement plus insidieux et discret pour ne pas trop choquer l'opinion publique. Mais bref, tout cela pour dire que les témoins portent sur eux une grande responsabilité à l'égard de ce qu'ils transmettent comme informations aux autres. La question de la fidélité de leurs récits implique une part d'intégrité et d'honnêteté qui s'accompagne, chez le receveur, d'une réelle confiance. J'associe ici avec les espions infiltrés, ces hommes et ces femmes au coeur du danger, jouant souvent sur plusieurs tableaux. Les cinéastes adorent raconter leurs histoires haletantes et pleines de suspens. Quand j'y songe, ces espions évoluent en des mondes de trahisons où confiance et altérité ne renvoient qu'à manipulations et suspicions. De quelque côté qu'ils se trouvent, chez l'ennemi ou en terrain conquis, l'agent double est louche et doit être surveillé...

     Ainsi, nous constatons que les témoins ont la double fonction de voir et de raconter. Ces deux aspects du rôle sont intrinsèquement liés à la manière dont la personne perçoit les choses, avec sa propre histoire, sa vie, ses ressentis, son être... Comme les historiens, les témoins influent sur les évènements à venir et portent, à leur échelle, une certaine responsabilité à l'égard du Futur. Comme les espions, ils sont au coeur d'une dialectique difficile entre fidélité et confiance. Pour ces raisons, je crois qu'être témoin implique une responsabilité et un positionnement éthique à l'égard de ce qui se porte à notre connaissance. Nous nous engageons dans la perception et dans le récit, car de ce que nous en dirons, l'avenir sera teinté. C'est fort. Symboliquement, cela prend une dimension énorme. Mais il s'agit peut être là de ma propre sensibilité et d'un attachement personnel qui ne vous appartient pas nécessairement?

     Quoi qu'il en soit, samedi sera un Grand Jour. Pour une de mes grandes amies d'abord - pardon, la meilleure de toute et ma préférée, bien sur! - , car... elle se marie! Je sais qu'elle lit les billets de ce blog, alors elle se reconnaîtra. Mais aussi, je dois l'avouer, ce sera un Grand Jour pour moi, car j'en serai témoin. Et pas uniquement témoin comme invité, témoin comme Témoin de mariage. "Mazette", me dis-je... Et pour cause, je me suis réveillé ce matin l'esprit préoccupé, mais sans vraiment comprendre par quoi. Pédaler dans la choucroute, voilà ce que je faisais. Et puis, c'est en faisant la vaisselle et l'esprit libéré que naquit finalement l'idée... Comment n'avais-je toujours pas fait le rapprochement? Être témoin de mariage, tenir un blog au titre "citoyen-témoin"... Il a fallu que je me retrouve face à mes assiettes dégueulasses, quatre jours avant ce mariage, pour que je réalise le point commun. À cet instant-là, grosse émotion. Comme un gosse, j'ai offert une larme à des assiettes pourtant déjà bien assez détrempées. Surpris, je n'ai d'abord pas compris pourquoi une telle émotion me traversait. Du coup, je me suis contenté de l'accueillir et de la traverser, tranquillement.

     Quelques heures après, la vaisselle était faite et je me posais devant le pc (non pas que ma vaisselle fut si énorme que cela, mais plutôt que le temps Home Sweet Home a tendance à s'étirer lors des jours fériés). J'ai donc écrit cet article, tout en élaborant. Cherchant, fouillant, démêlant au passage quelques défenses (pas trop quand même!). Au final, j'ai trouvé quelques éléments de réponses. Je vous les propose? D'abord, il est vrai que je suis très attaché à la dimension symbolique du témoin, de celui qui constate et qui, fidèlement (ou pas?), raconte aux autres comment ça c'est passé. Ensuite, je crois que ce statut de témoin de mariage est pour moi bien plus que quelques photos ou qu'une signature sur un papier en mairie et à l'église. Je le prend comme un véritable engagement. Celui de reconnaître l'autre, en l'occurrence mon amie. Et qui plus est dans le cadre de son mariage, avec tout ce que ce dernier représente pour moi en tant que consécration d'un Amour qui tourne vraiment bien. Être témoin de leur amour, c'est aussi être Témoin de l'Amour. N'est-ce pas là l'apothéose et le summum du citoyen-témoin? Est-il plus belle chose à voir? Je vous le demande!! Je serai très heureux samedi, cela ne fait aucun doute. Mais alors... pourquoi ce tracassement, pourquoi cette larme échappée? Mystère...


     Quoi que... En fait, j'ai ma petite idée sur la question. Mais puisque la réponse est assez personnelle, ou du moins trop personnelle pour qu'elle puisse s'écrire ici, je ne peux que conclure cet article sur une chute aussi curieuse que celle-là. Une espèce de chute en queue de poisson qui, au delà de la frustration peut-être causée, me fait plutôt sourire.

 

À bientôt!



08/05/2013
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